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20.03.2008
Histoire de parfums
En ce premier jour de printemps, la saison des fleurs, du renouveau, voici un petit texte sur l'histoire des parfums.
Le parfum, du latin per fumum qui signifie à travers la fumée a joué un rôle éminent dans toutes les civilisations depuis l'antiquité.
Sa volatilité et sa faculté de se consumer en belles volutes de fumée odorante, en fait l'ambassadeur privilégié des hommes auprès de leurs dieux. Parfums et fards sont également utilisés pour leurs vertus magiques et thérapeutiques avant d'être appréciés pour leur puissant pouvoir de séduction.
Dans l'Egypte antique, les prêtres rendent hommage à leurs dieux par des fumigations parfumées accompagnant leurs prières. Ils utilisent des senteurs puissantes favorisant l'élévation de l'âme : résine de térébinthe, olibanum, galbanum, ladanum.
Huiles parfumées, onguents et fards participent également au rite : chaque matin, les prêtres procèdent à la toilette des statues divines puis oignent et fardent leur visage. Par ces offrandes, les égyptiens s'assurent la protection des dieux pour leur passage dans l'au-delà.
Le christianisme s'accompagne d'une régression dans l'utilisation des parfums et des cosmétiques. Par contre, la présence de bains dans les monastères et les palais atteste la survivance des règles d'hygiène introduites dans l'Antiquité.
Durant les croisades (1096-1291), les échanges entre l'Orient et l'Occident se développent, améliorant ainsi les routes du commerce. Les croisés rapportent d'Orient des senteurs et des épices nouvelles et réintroduisent l'habitude d'accompagner la toilette d'applications parfumées.
En France, apothicaires, herboristes et tanneurs vendent épices et produits aromatiques. L'usage des parfums à la violette, la lavande, la fleur d'oranger se répand auprès des dames nobles ou fortunées et les élégantes dissimulent sous leurs vêtements ou dans leur linge des sachets parfumés.
Alors que le règne de Louis XIV s'achève, les pensées et les mœurs de la Cour évoluent. La nouvelle sensibilité olfactive de cette société raffinée se traduit par une intolérance des odeurs fortes et un regain des odeurs champêtres, des senteurs naturelles. Aux parfums violents dissimulant des effluves nauséabonds succèdent des préparations fleuries et sophistiquées, teintées de fantaisie.
Un mouvement en faveur de l'hygiène et du bain se dessine au XVIIIe siècle, qui se concrétise par l'émergence de deux espaces jusqu'alors inexistants dans les demeures : le cabinet de toilette et la salle de bain.
Cette tendance hygiéniste se confirme au XIXe siècle avec l'apparition de traités de savoir-vivre et d'hygiène vantant les vertus du bain, bénéfique pour la santé et la peau. L'hygiène est en effet, dans cette société fortement influencée par la bourgeoisie montante, le symbole de la pureté de l'âme et de la vertu.
En 1714 Jean-Marie Farina exploite à Cologne “Koëlnischer Wasser une eau alcoolique à base d'agrumes et dont la faculté de Médecine de Cologne atteste les vertus thérapeutiques. Cette préparation vivifiante que les français appellent “Eau de Cologne”, remporte un immense succès dans toute l'Europe. En 1798 Lubin sort “Eau de Lubin”.
L'arrivée de la synthèse organique dès 1833 met à la disposition des parfumeurs, des produits synthétiques reproduisant des substances naturelles déjà utilisées en parfumerie. Guerlain crée en 1853 “Eau de Cologne Impériale, Paul Parquet crée “Fougère Royale” d’Houbigant en 1884, Roger & Gallet sort “Vera Violetta” en 1892, Jacques Rouché crée “Le Trèfle Incarnat” de Piver en 1896.
Le vingtième siècle voit le développement industriel des parfums, Coty crée “La Rose Jacqueminot” en 1904, Guerlain crée “L’Heure Bleue” en 1912, Ernest Beaux crée le “No 5” de Chanel en 1921, André Fraysse crée “Arpège” de Lanvin en 1927, Henri Almeras crée “Joy” de Patou en 1935, Henri Robert crée “Le Muguet des Bois” de Coty en 1942, Germaine Cellier crée “Bandit” de Piguet en 1944. Edmond Roudniska crée “Femme” de Rochas en 1944, Jean Carles crée “Ma Griffe” de Carven en 1946. La liste est encore très longue, l’histoire continue.
Source : www.museesdegrasse.com
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